© WWF-MWIOPO/M. Lippuner
Kotobatovisa

Et voilà la police des forêts!

Afin d’enrayer la destruction des forêts pour l’agriculture sur brûlis, il est indispensable d’améliorer l’application des lois et de mettre en place des pratiques alternatives. La création d’une police des forêts fait partie d’un tel dispositif.
Vous ne pouvez pas inciter de pauvres paysans à ne plus brûler la forêt pour cultiver du riz sans leur proposer des alternatives crédibles et durables et les aider à gérer leurs ressources naturelles de manière autonome et efficace.

Ce n’est pas le moindre des défis mais aussi une priorité pour le WWF.   

En créant des communautés de base (COBA), puis en les organisant et en leur dispensant les formations adéquates, le WWF cherche à encourager les villageois à prendre eux-mêmes la responsabilité de la gestion de leurs ressources naturelles. 

Protéger le bien commun

La ”Polisin’ ala”, ou police des forêts, participe à cette approche. Elle patrouille et contrôle les zones boisées afin que personne ne soit tenté de s’approprier le bien commun.

A Vohimary-Nord, sur le site de Vondrozo, le WWF a participé à la constitution d’une COBA en 2006, à une époque où une douzaine d’hectares de forêt naturelle étaient en passe d’être défrichés non loin du village pour faire place à des rizières.

Amende fixée

Avec quatre collègues, Kotobatovisa forme la police des forêts. « Quand nous avons mis en place notre dina, l’ensemble des lois locales, nous avons fixé à 250'000 Ariary (environ 100 Euros) l’amende encourue pour tout défrichement et brûlis en forêt, » raconte Kotobatovisa.

« C’est une grosse somme mais nous l’avons voulue ainsi, afin de dissuader tout contrevenant. Nous ne pouvons pas laisser brûler nos propres ressources naturelles ! »  

Tout est noté

Toutes les deux semaines, Kotobatovisa et son équipe passent trois jours dans la forêt, dont ils surveillent les moindres recoins. Suivant trois itinéraires précis, ils notent tout ce qu’ils observent, de la souche d’un arbre récemment abattus jusqu’aux moindres faits et gestes des lémurs et des oiseaux.

Et, bien entendu, ils attrapent parfois des fraudeurs. Leur présence et interventions ont  néanmoins été des plus fructueuses puisque l’agriculture sur brûlis en forêt a quasiment disparu de la zone. Le problème n’est pas entièrement résolu pour autant.

« Certaines personnes continuent de  brûler leurs pâturages en lisère de forêt, » explique Kotobatovisa. « En cas d’inattention, notamment si les vents changent, le feu se propage très vite au couvert boisé. »

Jugé mais libéré

En 2009, la police des forêts a arrêté un homme qui voulait raser  à nouveau 10 hectares de forêt en régénération. Comme il ne pouvait pas payer l’amende, il a été dénoncé et jugé.

«Sans aucun résultat, » déplore Kotobatovisa, dans un haussement d’épaules. « Il avait probablement des amis au tribunal. C’est là où le bât blesse : la COBA fait bien son travail mais, ensuite, les tribunaux ne fonctionnent pas correctement. » 
 
Le Programme holistique de conservation des forêts soutient les efforts de la police des forêts, car ceux-ci favorisent aussi la restauration passive de la forêt (c’est-à-dire sans la plantation d’arbres), l’un des volets du projet.

La restauration passive ne marche que lorsqu’il reste des parcelles de forêt naturelle intactes, riches en graines d’essences forestières, à proximité. Il ne reste ensuite qu’à protéger la zone de tout défrichement, une tâche taillée pour la “Polisin’ala”. 

"Priorité nationale"

« La protection des forêts est devenue une priorité nationale pour moi, » conclut Kotobatovisa. « Je suis aussi intéressé par le fait que les COBA possédant un vaste couvert forestier peuvent obtenir des fonds qui garantiront leur futur. » 

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"Quand nous avons mis en place notre dina, l’ensemble des lois locales, nous avons fixé à 250'000 Ariary (environ 100 Euros) l’amende encourue pour tout défrichement et brûlis en forêt. C’est une grosse somme mais nous l’avons voulue ainsi, afin de dissuader tout contrevenant. Nous ne pouvons pas laisser brûler nos propres ressources naturelles !"

Kotobatovisa

Natural forest, Vohimary-Nord, Vondrozo area, Madagascar.

© WWF-MWIOPO / M. Lippuner

In the community of Vohimary-Nord.

© WWF-MWIOPO / M. Lippuner

Passive restoration, Vondrozo site.

© WWF-MWIOPO / M. Lippuner

Kotobatovisa and forest police colleague.

© WWF-MWIOPO / M. Lippuner

Kotobatovisa, forest policeman!
© Kotobatovisa, un policier de la forêt! © WWF-MWIOPO / M. Lippuner