Les magistrats s’engagent contre le trafic de tortues | WWF

Les magistrats s’engagent contre le trafic de tortues

Posted on 16 October 2018    
Le commerce illégal des espèces sauvages a connu une recrudescence sans précédent depuis l’année 2000. En effet, il occupe actuellement la quatrième place des trafics dans le monde après les stupéfiants, les contrefaçons et la traite d’êtres humains. Les espèces endémiques de Madagascar ne sont pas épargnées et plusieurs font l’objet d’exploitation frauduleuse. Selon une étude menée par WWF/TRAFFIC, entre 2009 et 2016, plus de 21,000 tortues terrestres ont été exportées illégalement en Asie. Plusieurs milliers d’autres tortues sont consommées illicitement par les malgaches. En avril 2018, les autorités ont procédé à la saisie de près de 10.000 tortues radiées – la plus grande saisie de tous les temps – indiquant l’envergure nouvelle que prend le trafic de cette espèce.
 
La faible application des lois en vigueur reste l’un des facteurs alimentant cette pratique illégale.  En effet, malgré une politique pénale contre le trafic de tortues élaborée en 2012, seuls 20 % des accusés ont été jusque maintenant condamnés et les 80 % restants sont libérés pour manque de charges ou par méconnaissance des dispositions pénales à appliquer contre les trafiquants. Il arrive que certains hésitent à condamner une personne pour avoir attrapé un petit animal vivant sans l’avoir tué …
 
WWF/TRAFFIC et le Ministère de la Justice ont décidé de joindre leurs efforts avec l’appui du United States Fish and Wildlife Service (USFWS).  Ensemble, ils œuvrent pour renforcer le système judiciaire malgache à travers le renforcement de capacités des magistrats sur l’importance de la biodiversité de Madagascar. Aussi, la maîtrise des instruments légaux et règlementaires aux niveaux international et national applicables à la conservation de la biodiversité et en cas de contentieux lié à leur exploitation illégale est essentielle.
 
« Il est temps pour les forces de l’ordre, la justice, le BIANCO et la société civile environnementale d’adopter une nouvelle vision commune quant à la gestion de nos ressources naturelles si on veut faire profiter nos générations futures. » a déclaré ce matin Rakotoarison Indriamanga, directeur de l'École Nationale de la Magistrature et des Greffes. Cette institution formera 50 magistrats, officiers de police, gendarmes, policiers aux frontières, douaniers et agents de l’environnement. 
 
Le renforcement de capacités de ces acteurs clé du système judiciaire devrait assurer que toutes les procédures pénales contre les trafiquants arrêtés soient désormais conduites à leur terme. Plus important encore, ces procédures doivent aboutir à une condamnation systématique des trafiquants à tous les niveaux, dès lors que leur culpabilité est prouvée.

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