Clélie Ropart-Hoareau
Une histoire de colibri
Prendre ses distances avec une certaine réalité devenue superficielle, partir loin et « faire sa part ». Tel est l’enjeu d’un volontariat de 3 mois avec le WWF.
On réapprend l’essentiel : se nourrir avec peu (du riz, du riz, du riz !), oublier le confort de la vie moderne (en brousse, ni électricité, ni eau courante) et pourtant, penser à l’avenir. Penser à tous ces enfants dont les yeux brillent de curiosité en voyant (pour la plupart, pour la première fois de leur vie) un « vahaza », qui un jour deviendront des adultes, et qui, pour leur bien et celui de toute la vie qui les entoure, ne devront pas faire les mêmes erreurs que leurs aînés.
Car à Madagascar, il s’agit de faire oublier les pratiques transmises par les ancêtres, celles qui commandent de détruire la forêt pour cultiver, fabriquer du charbon, construire sa maison…
Alors on informe : des groupements de paysans sont formés au SRI (Système de Riziculture Intensif) qui, comme son nom ne l’indique pas est un système de riziculture biologique et durable, à la mise en place de pépinières qui serviront au reboisement d’hectares de terres laissées à l’abandon. Et ce, afin de fournir aux populations les ressources en bois dont elles ont besoin tout en permettant de laisser intacte ce qu’il reste de forêt primaire. A terme, la gestion durable de ces forêts est confiée à ces groupements, dits COBA (pour communauté locale de base) ou VOI ( Vondrona Olona Ifotony).
À l’école, et dès le plus jeune âge, c'est à l'aide des clubs Vintsy – initiés par le programme éducation du WWF – que l'on inculque les gestes qui comptent pour sauver la richesse naturelle de l’île. Car comme on l’entendra souvent durant notre séjour : Madagascar est pauvre économiquement, mais très riche en biodiversité.
