La régence des communautés indigènes propriétaires de forêts



Posted on 26 August 2010  | 
Ces dernières semaines j’ai eu l’occasion de rendre visite à plusieurs communautés, dans des secteurs différents du Pérou, confrontées à la même problématique. Leurs points communs est de posséder d’importantes surfaces de forêt à valeur commerciale, entre 30 000 et 50 000 ha. Mais aucune de ces communautés n’ont les compétences, ni la capacité d’investissement en matériel pour gérer elles-mêmes leur forêt.

Deux exemples...

Dans le cas de Puerto Esperanza (Ucayali), le WWF-Pérou a appuyé la communauté avec une assistance technique afin de leur apprendre les bases de la gestion forestière. Ils ont pu eux-mêmes et manuellement faire une exploitation de niveau 1 c'est-à-dire inférieur à 650m3 par an, vendu sur le marché local. Après avoir rencontré des acheteurs internationaux, ils ont pris conscience de l’importance de la certification FSC (Forest Stewardship Council) pour pouvoir vendre à bon prix leur bois et de manière durable. Et ils ont souhaité passer à un niveau d’exploitation 3 (20 000 m3 par an et plus) de manière mécanisé.

Dans le cas de Belgica (Madre de Dios), ils n’ont jamais exploité directement mais de nombreux exploitants se sont rapprochés d’eux, extrayant généralement de trop importantes quantités pour pouvoir avoir un cycle de coupe durable à terme et de nombreuses parties de leur forêt s’en trouvent endommagées. Aujourd’hui la communauté à conscience de l’importance d’être certifier mais comme pour Puerto Esperanza ils n’ont les capacités et les connaissances ni pour opérer en direct, ni pour vérifier que le contractant respecte les critères FSC.

Dans ces deux cas, la régence s’impose. Il s’agit d’une tiers partie, ONG ou entreprise, qui va « mettre sous tutelle » la communauté afin de vérifier que l’exploitation du bois respecte les critères FSC (volume et diamètre minimum de coupe, largeur des voies d’accès, inventaires…), que la communauté est correctement rémunérée et surtout il formera la communauté afin qu’elle soit en mesure de faire cela toute seule au terme de plusieurs années.

Un bel exemple similaire existe déjà au Pérou avec 5 communautés dont la régence est portée par une ONG, et qui permet grâce à la certification FSC de faire mieux vivre la communauté, de conserver la biodiversité, d’avoir une forêt gérait durablement et une population formée. Le plus difficile reste de trouver la structure qui accepte de jouer ce rôle de régent.

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