Blaise Rafamantanantsoa: « Je n’avais plus d’eau dans mes rizières »

Quand on demande à Blaise Rafamantanantsoa pourquoi il a cédé trois hectares de ses terres, adjacentes au corridor forestier de Fandriana, afin de contribuer à la restauration active de la forêt, son oeil se pare de malice et, le regard braqué sur l’horizon, sa réponse fuse : « Je n’avais plus d’eau dans mes rizières en contrebas. C’est la forêt qui protège les ressources en eau et on l’a détruite. Il faut la faire revenir ! »

Le climat change
Blaise se rend compte aussi que le climat est en train de changer : « Il y a un déséquilibre dans le calendrier cultural, c’est évident. Les pluies viennent plus tard ou sont moindres, ce qui pose un problème avec les plantations. En régénérant la forêt, nous contribuons à notre niveau à lutter contre ce phénomène. »

Au contraire des reboisements à vocation énergétique dominés par des essences exotiques à croissances rapide telles que l’eucalyptus, la restauration active recourt uniquement à des essences autochtones afin de maintenir les fonctions écologiques de la forêt.

1000 arbres par hectare
Les études socioéconomiques entreprises au sein des communautés permettent de sélectionner les essences autochtones qui sont les plus appropriées, c’est-à-dire non seulement celles qui permettent de reconstituer le stock des espèces d’arbre menacées de disparition mais aussi celles qui sont couramment employées par les communautés – pour le bois de construction ou pour leurs propriétés médicinales, par exemple.

Une quinzaine d’essences autochtones sont donc utilisées pour régénérer les trois hectares de Blaise Rafamantanantsoa à raison de 1'000 arbres par hectare.

« La restauration passive, sans intervention humaine, est lente et démarre avec des espèces pionnières qui ne sont pas forcément celles dont ont besoin les communautés. C’est pourquoi il est crucial de faire de la restauration active en parallèle, » explique Rivo Rasolofomanana, le socio-organisateur du PHCF à Fandriana Marolombo.

Vision d’avenir
Il faudra tout de même plus de trente ans avant que la population locale ne puisse commencer à bénéficier du fruit de la restauration active. Blaise le sait et même s’il est l’unique propriétaire de la parcelle, sa démarche est résolument communautaire et à long terme.

« Tout le monde en profitera en temps voulu, » conclut-il.
 / ©: Air France / Nicolas Petteau
Appolinaire Razafimahatratra et Blaise Rafamantanantsoa discutent d'un jeune arbre récemment planté sur la parcelle de restauration de Blaise
© Air France / Nicolas Petteau