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Progression exponentielle

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Construction d'un petit barrage pour l'irrigation des cultures. Fandriana, Madagascar.
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Alors que la troisième année du Programme Holistique de Conservation des Forêts à Madagascar entre dans son dernier quart, les progrès réalisés par le projet connaissent une certaine fulgurance. De sorte que les succès tangibles mis en évidence par le bilan de la deuxième année prennent désormais l’allure d’une courbe exponentielle, avec des activités qui progressent quantitativement et qualitativement dans presque tous les secteurs.

Les résultats obtenus entre octobre 2010 et mars 2011 doublent, triplent même parfois, par rapport à ceux de l’ensemble de l’année précédente. Et les progrès ont continué entre mars et juin 2011 (voir les divers encadrés ci-dessous et ci-contre).


Faits marquants

Les faits marquants des derniers mois sont donc légion. Citons-en quelques-uns, parmi les plus significatifs :

•    Presque toutes les nouvelles aires protégées (NAP) à créer par le projet font déjà partie du système des aires protégées de Madagascar (SAPM) sous l’arrêté de mise en protection globale temporaire ;

•    26 contrats de transferts de la gestion des ressources naturelles (TGRN) ont été officialisés et ritualisés ;

•    Les objectifs de reboisement ont d’ores et déjà été atteints à Andapa et Ivohibe et quasiment  à Vondrozo ;

•    Les techniques agricoles alternatives (aux cultures sur brûlis) sont essayées et adoptées par de plus en plus de paysans ;

•    Les audiences ont plus que triplé en moyenne lors des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation sur les effets du changement climatique, et certaines autorités locales s’engagent désormais sur ce thème ;  

•    Une nouvelle méthodologie carbone plus facile à mettre en œuvre et plus réplicable à l’échelle de Madagascar a été adoptée.


Obstacles

Le PHCF est donc sur les meilleurs rails au moment d’aborder la dernière ligne droite avant une probable phase 2. Quelques obstacles non négligeables doivent encore être surmontés, comme le taux d’analphabétisme qui complique considérablement les progrès dans certaines localités ; les ressources en personnel du projet qui sont parfois insuffisantes pour aider pleinement les paysans en prise avec de nouvelles techniques agricoles ; les luttes pour le pouvoir et/ou des avantages entre ceux qui respectent les règlements et ceux qui les enfreignent, une menace réelle pour la gestion durable des ressources ; et des conflits territoriaux entre communautés dont la solution demande parfois beaucoup de temps, d’énergie et d’ingéniosité.

Comptabilité du carbone forestier

•    Acquisition des images satellites SPOT 2009 des zones d’intervention du projet.
•    Cartographie de l’occupation du sol la première année de projet dans les régions de référence à partir des images SPOT et de campagnes de terrain.
•    Réalisation d’inventaires carbone de la biomasse aérienne des forêts et du carbone organique des sols.
•    Développement d’équations allométriques  pour tous les sites, permettant d’estimer le stock de carbone dans la biomasse aérienne à partir de paramètres facilement mesurables comme le diamètre, la hauteur ou la densité des arbres.
•    Analyses des stocks de carbone organique du sol dans les sites d’Andapa et de Fort-Dauphin, à différentes profondeurs jusqu’à un mètre. Une cartographie des stocks de carbone du sol a été obtenue pour le site de Fort-Dauphin à partir de ces résultats et d’une technique innovante basée sur les images de télédétection.
•    Cartographie précise des stocks de carbone de la biomasse pour les sites d’Andapa-Bealanana et de Fort-Dauphin (forêts humides et épineuses) sur la base des survols LiDAR réalisés dans ces deux régions et des inventaires effectués au sol dans la foulée.
•    Analyse de l’historique de la déforestation dans les régions de référence du programme, c’est-à-dire des zones beaucoup plus grandes que les zones où le projet est mis en œuvre, mais qui présentent les mêmes caractéristiques écologiques et socioculturelles, ainsi que des dynamiques similaires en terme d’agents et facteurs de la déforestation/dégradation des forêts. Cette analyse permettra d’obtenir des taux de déforestation plus fiables que les études actuellement disponibles. C’est un élément déterminant pour le développement des scénarios de référence (la projection de l’évolution du stock de carbone dans le futur en l’absence du projet).
•    Résultats préliminaires concernant l‘analyse des agents et facteurs de la déforestation dans les différents sites du projet. Ils serviront également à ajuster les modèles développés pour les scénarios de référence.
•    Renforcement de capacités : l’ensemble du personnel technique du programme a bénéficié de séances de sensibilisation/formation concernant la comptabilité carbone. Trois DEA de l’IOGA et cinq élèves ingénieurs forestiers de l’ESSA-Forêts ont très activement participé à plusieurs étapes majeures du programme.
•    Présentation du programme lors des COP de Poznan, Copenhague et Cancun.
•    Intégration du PHCF dans les réflexions du comité technique REDD, plateforme nationale en charge d’appuyer le gouvernement dans le développement de sa stratégie REDD+ au niveau national.


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Amélioration de la culture du riz. Ivohibe, Madagascar.
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Promotion de pratiques alternatives aux cultures sur brûlis

•    Quatre types principaux de techniques sont promus: diversification des cultures (cultures maraîchères, arboriculture, etc.), intensification agricole (cultures sous couvert végétal, systèmes de riziculture intensive, pisciculture, petit élevage), activités génératrices de revenus (apiculture, pisciculture, culture de rente), et pratiques optimisant l’utilisation des ressources (foyers améliorés). À cela, il faut ajouter la construction d’infrastructures pour augmenter les superficies arables (barrages, systèmes d’irrigation).
•    9400 ménages sensibilisés et 900 ménages formés.
•    250 ménages ont déjà adopté au moins une des techniques alternatives
•    Deux tiers des rizières dans une communauté de Fandriana-Marolambo utilisent le Système de Riziculture Intensive (SRI).
•    Le barrage de Fandriana-Marolambo va permettre d’irriguer  environ 150 hectares de bas-fonds aménageables en rizières et plusieurs centaines d’hectares de terres aménageables en champs de culture. Il bénéficiera ainsi directement à plus de 200 ménages et indirectement à davantage de personnes encore.

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Forêt tropicale, Vondrozo, Madagascar.
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Cérémonie de transfert de gestion des ressources naturelles à la communauté. Fandriana, Madagascar.
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Reboisement sur le site de Vondrozo, Madagascar.
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Information du public sur le changement climatique

  • •    Plus de 10000 ménages sensibilisés (plus de 50000 individus).
    •    Efficacité des messages véhiculés par le biais des écoles.
    •    Certains dirigeants commencent à prendre leurs responsabilités dans la lutte contre le changement climatique.

Création de Nouvelles Aires Protégées (NAP)

  • •    La quasi-totalité des 350'000 hectares de NAP en cours de création dans le cadre du projet ont été sécurisés par un arrêté interministériel de mise en protection temporaire globale. 
    •    Quelque 6000 ménages sensibilisés.
    •    Réduction tangible des défrichements dans les zones des NAP en création.


Transfert de Gestion des Ressources Naturelles (TGRN)

  • •    91 sites de TGRN délimités et inventoriés, 51 zonés.
    •    56 de ces sites ont établi leur Plan d’Aménagement et de Gestion Simplifié.
    •    Officialisation de 26 TGRN à Fandriana-Marolambo, Vondrozo et Andapa/Bealanana, couvrant une superficie totale d’environ 205'000 hectares
    •    Réduction considérable des défrichements au niveau des terroirs gérés par les communautés de base (COBA).

Reboisement à vocation énergétique

  • •    300 séances de sensibilisation entreprises
    •    500 pépiniéristes formés pour 48 pépinières mises en place.
    •    1382 hectares reboisés.

Restauration des paysages forestiers dégradés (RPF)

  • •    500 paysans formés sur les techniques de restauration forestière
    •    Activités de restauration déjà entreprises sur 9300 ha, tous sites confondus
    •    10 plans de restauration des paysages forestiers dégradés ont été finalisés

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