Des avancées malgré l'instabilité et l'insécurité

Entre octobre 2009 et mars 2010, la progression des activités du PHCF a été globalement satisfaisante en dépit de l’instabilité politique à Madagascar et d’une augmentation de l’insécurité dans certaines régions.
On constate une bonne avancée des activités de transferts de gestion des ressources naturelles (TGRN), notamment en ce qui concerne les sensibilisations, la promotion des techniques de cultures alternatives, les études socio-économiques, l’appui, la formation et le renforcement de capacités des communautés de base.

Des progrès ont aussi été réalisés au niveau de la restauration forestière et du reboisement, même si tous les objectifs n’ont pas été atteints dans ce dernier domaine. S’agissant des nouvelles aires protégées (NAP), les avancées les plus notoires sont à Fort Dauphin.

Rythme soutenu pour le volet carbone

Quant au volet consacré au carbone forestier il continue à avancer sur un rythme soutenu et le succès de la mission LiDAR, une des pierres angulaires de cette composante du PHCF, est d’ores et déjà un temps fort de cette année. Les travaux allométriques et l’analyse du carbone du sol et de la litière suivent leur cours de manière très positive.

En revanche, l’instabilité politique à Madagascar continue d’avoir un impact non négligeable sur certaines activités du PHCF, à commencer par celles qui sont tributaires de la participation des autorités à différents niveaux.

Implication insuffisante des autorités

C’est le cas du processus de création des nouvelles aires protégées qui prend du retard faute d’une implication suffisante des autorités. Les soucis liés à un regain d’insécurité sont aussi notoires dans certaines régions (Ivohibe, Fort-Dauphin) et peuvent saper la motivation des communautés.
 
Les aléas climatiques, comme le passage du cyclone Hubert, ont aussi provoqué le report ou retardé la mise en place de certaines activités (cultures, semis, plans de reboisement, par exemple).
 / ©: Maminiaina Rasamoelina
Formation des paysans au système de riziculture intensive (SRI).
© Maminiaina Rasamoelina
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Aménagement d'une pépinière.
© Maminiaina Rasamoelina

Fandriana

Promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis : cultures maraîchères, système de riziculture intensif (SRI) et petit élevage.

Transferts de gestion des ressources naturelles : enquêtes sur l’état des forêts à transférer et les capacités de gestion des COBA concernées par les transferts (comme à Andapa, voir ci-dessous).

Restauration des forêts :
délimitation des zones de restauration active et passive. Production de 150000 plants d’une cinquantaine d’espèces autochtones.

Les principales activités site par site

Un résumé de ce qui s'est passé au cours des six derniers mois dans l'ensemble des sites (ci-dessous) et les particularités de chaque site (encadrés).
Pour l’heure, plus de 37 associations locales, soit 2150 ménages, provenant des cinq sites du programme ont été sensibilisées sur les effets du changement climatique; c’est plus de 700 ménages supplémentaires par rapport à fin septembre 2009.

L’objectif est de pouvoir sensibiliser 4613 ménages au terme du projet (mars 2012). Dans les sites du projet, un ménage moyen est constitué de cinq à six personnes qui occupent un même logement, quels que soient les liens qui les unissent.

Par ailleurs, au cours des six derniers mois, 1750 ménages en tout sur les cinq sites ont été sensibilisés à la gestion durable des ressources naturelles et 44 forêts ont été inventoriées et zonées en vue de transferts de gestion des ressources naturelles.


Cruciale irrigation

Des appels d’offre pour l’étude de faisabilité liée à la construction d’infrastructures hydro-agricoles ont été lancés dans tous les sites sauf à Fandriana. Les communautés comptent beaucoup sur ces infrastructures hydro-agricoles (barrages et canaux d’irrigation le plus souvent) pour améliorer leurs rendements et leurs récoltes.

En ce qui concerne le reboisement, 49 sites de reboisement ont été identifiés depuis le début  du projet et les travaux de reboisement ont déjà été effectués sur un total de 86 hectares. Ces chiffres sont respectivement de 29 sites et 60 ha pour le seul dernier semestre.

Contrastes à Andapa

Rien qu’à Doany (site d’Andapa), les 40 hectares prévus ont été reboisés, ce qui contrebalance les problèmes rencontrés sur le site voisin de Bealanana où seuls 4 hectares ont été reboisés au lieu des 36 prévus, car les pépiniéristes n’ont pas pu produire le nombre de plants prévus. 

Finalement, 35 sites de restauration forestière, pour une superficie de 16500 hectares (tous sites confondus), ont été identifiés en concertation avec les communautés locales. Ainsi, depuis le début du projet, ces chiffres sont de 94 sites et 17410 ha pour un objectif final de 20110 ha. Des sensibilisations à l’importance de la restauration forestière ont également eu lieu dans tous les sites.

Andapa

Promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis : visite d’échange pour former l’équipe à la mise en place de ces différentes activités alternatives.

Création de nouvelles aires protégées (NAP) : identification de deux sites (Betaolana et Tsarantanana),  finalisation du dossier de création de la NAP de Betaolana et conduite d’enquêtes socio-économiques pour la mise en place des NAP dans quatre localités de Bealanana

Transferts de gestion des ressources naturelles : enquêtes sur l’état des forêts à transférer et les capacités de gestion des communautés de base (COBA) concernées par les transferts. Élaboration des Dina (règlements sociaux internes aux COBA) dans quatre COBA de Bealanana et formation de cinq COBA structurées officiellement à différents thèmes (gestion, fonctionnement d’une association, connaissances de base du changement climatique, etc.)

Restauration des forêts : Renforcement des capacités de l’équipe grâce à une visite d’échange avec celle de Fandriana, plus expérimentée.

Vondrozo

Promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis : cultures maraîchères, système de riziculture intensif (SRI) et petit élevage.

Création de nouvelles aires protégées : sensibilisations par le biais de réunions villageoises.

Transferts de gestion des ressources naturelles : sensibilisations, inventaires et zonages.

Restauration des forêts : formation des équipes d’Andapa et Fort-Dauphin.

Ivohibe

  • Promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis : cultures maraîchères.

    Création de nouvelles aires protégées : identification des lieux appropriés pour l’implantation de panneaux de signalisation dans le corridor d’Ivohibe-Vondrozo.

    Transferts de gestion des ressources naturelles : deux nouvelles communautés de base (COBA) ont été créées.
  •  / ©: Maminiaina Rasamoelina

Fort Dauphin

  • Promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis : petit élevage.

    Création de nouvelles aires protégées (NAP) :
    identification d’un site, sensibilisations, établissement des dossiers de création des six NAP et séances de renforcement de capacité des communautés de bases (COBA).

    Transferts de gestion des ressources naturelles :
    34 nouvelles communautés de base (COBA) ont été créées et 47 COBA ont reçu une formation similaire à celle dispensée à Andapa (voir encadré de droite). Par ailleurs, quatre des forêts à transférer dans le cadre du TGRN ont déjà pu établir leur Plan d’Aménagement et de Gestion Simplifié.

    Restauration des forêts :
    Renforcement des capacités de l’équipe qui, tout comme celle d’Andapa, a participé à une visite d’échange avec Fandriana, où le team est plus expérimenté en matière de restauration forestière.