Un cap supplémentaire de franchi

Au terme de sa deuxième année, le Programme holistique de conservation des forêts à Madagascar (PHCF) affiche un bilan réjouissant, avec des avancées notoires dans presque tous les secteurs.
Après une première année consacrée à faire connaître le PHCF, développer des contacts, acheter du matériel, organiser les activités, tisser un réseau de compétences et de technologies dans le domaine du carbone forestier, et finalement lancer les premières opérations concrètes, la deuxième année a vu une progressive montée en puissance du projet.


La plupart des objectifs
seront atteints

À l’heure d’entrer dans la dernière ligne droite – les dix-huit mois restants selon le planning actuel – le PHCF semble bien équipé pour atteindre la plupart de ses objectifs.

Certes, ceux-ci sont ambitieux et il reste beaucoup à faire mais le train est lancé et en phase d’accélération.

Les ajustements prévus, notamment en termes de ressources humaines (recrutements supplémentaires de personnel permanent et de consultants pour des missions spécifiques), devraient permettre d’absorber le volume supplémentaire des activités à venir.

Les résultats positifs les plus marquants (voir encadrés ci-contre et ci-dessous) concernent:

  • La promotion des techniques alternatives aux cultures sur brûlis, avec un taux d’adoption par les paysans parfois spectaculaire ;
  • Les transferts de gestion des ressources naturelles, probablement l’axe stratégique qui avance le plus vite ;
  • La restauration des paysages forestiers, où une cinquantaine d’essences autochtones sont utilisées ce qui était encore impensable il y a quelques années ;
  • Les reboisements qui ont également bien progressé sur la plupart des sites ;
  • Enfin, la méthodologie du volet consacré au carbone forestier est tout simplement devenue la référence à Madagascar, alliant technologie de pointe et partenariats de haute volée.     

Instabilité tenace

Le principal défi auquel le PHCF doit faire face reste l’instabilité politique qui perdure à Madagascar et complique les processus directement tributaires de la participation des autorités.

Information du public sur le changement climatique

  • Plus de 2100 ménages sensibilisés
  • Sept films documentaires produits en dialectes locaux
  • Emissions radiophoniques locales et réunions villageoises
  • Les populations locales commencent à faire le lien entre la déforestation et la dégradation des forêts, le changement climatique et les phénomènes qu’ils vivent dans la vie quotidienne (changement de calendrier cultural, inondations, etc.).
 / ©: WWF-MWIOPO
Système de riziculture intensive, Fandriana
© WWF-MWIOPO

Promotion de pratiques alternatives aux cultures sur brûlis

  • 3130 ménages sensibilisés dans 94 Communautés de base (COBA)
  • Analyses du paysage socio-économique afin d’optimiser la mise en place des pratiques alternatives dans tous les sites
  • Quatre principales techniques promues: diversification des cultures (cultures maraîchères, arboriculture, etc.), intensification agricole (cultures sous couvert végétal, systèmes de riziculture intensive/SRI, pisciculture, petit élevage), activités génératrices de revenus (apiculture, pisciculture), infrastructures pour augmenter les superficies arables (barrages, systèmes d’irrigation)
  • Plus de 300 paysans déjà formés à ces techniques
  • Près de 50% des paysans formés ont déjà adopté les techniques de SRI
  • 150 ménages ont déjà adopté les techniques de culture maraîchères dans le seul site de Vondrozo.

Comptabilité du carbone forestier

  • L’évaluation des stocks de carbone présents dans les forêts concernées par le PHCF au moment de son lancement est presque terminée
  • La modélisation ou prédiction mathématique de l’évolution de ces stocks sans le PHCF (scénario de référence) et avec le PHCF (scénario de projet), ceci afin d’évaluer la réduction d’émissions de gaz à effet de serre attendue à moyen terme (10 ans) a été lancée
  • Succès de la mission LiDAR, une des pierres angulaires de la composante carbone du PHCF
  • Développement de modèles allométriques adaptés aux forêts malgaches, une avancée considérable tant pour la crédibilité de la comptabilité carbone du PHCF que pour toute évaluation future des stocks de carbone dans quasiment l’ensemble des forêts du pays
  • L’analyse du carbone du sol et de la litière continue de manière très positive et révèle que les stocks de carbone du sol sont souvent supérieurs à ceux de la biomasse aérienne
  • Les institutions chargées de définir la politique de foresterie carbone à Madagascar ont décidé d’étendre à tout le pays la méthodologie mise en œuvre par le PHCF. Une vraie reconnaissance du travail accompli par les équipes du PHCF et leurs partenaires de la recherche.

Création de Nouvelles Aires Protégées (NAP)

  • 10 sites de NAPs identifiés et 15 COBA sensibilisées
  • 548 ménages sensibilisés
  • Travaux de délimitation des NAP en cours
  • Collaboration avec le Ministère de l’Environnement et des Forêts pour l’avancement du processus, notamment pour les études d’impact environnemental et social et les plans d’aménagement
  • Sur le site de Beampigaratse (Fort Dauphin), il n’y a plus eu une seule parcelle défrichée en 2009 et 2010.
 / ©: Carnegie Institute
Site d'Andapa/Bealanana: les zones prévues pour la couverture LiDAR (en rouge) et celles effectivement survolées (en vert).
© Carnegie Institute

Transfert de Gestion des Ressources Naturelles (TGRN)

  • 90 sites de TGRN identifiés, pour 44 200 ha, impliquant 114 COBA
  • 69 Sites de TGRN délimités, inventoriés et zonés
  • 50 sites ayant déjà leur Plan d’Aménagement et de Gestion Simplifié
  • Officialisation des trois premiers contrats de TGRN du PHCF à Vondrozo
  • À Fort Dauphin, l’application des « dina » (conventions collectives) a permis de traiter plus de 90% des délits
  • Les COBA prennent de plus en plus de responsabilités dans la régulation de l’accès à leurs ressources.
 / ©: WWF-MWIOPO
Zone identifiée pour la restauration naturelle de la forêt, Fandriana.
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Restauration des paysages forestiers dégradés

  • Plus de 17 000 ha de sites de restauration identifiés
  • 970 ménages sensibilisés à l’importance de la restauration forestière
  • 545 individus formés sur les techniques de restauration forestière
  • Activités de restauration déjà entreprises sur 3900 ha, tous sites confondus
  • Plus de 150 000 plants ont été produits sur le seul site de Fandriana, avec une cinquantaine d’espèces autochtones
  • Un plan de restauration des paysages forestiers dégradés finalisé, les autres en cours d’élaboration.

Reboisement à vocation énergétique

  •  / ©: WWF-MWIOPO/M.Lippuner
    • 86 séances de sensibilisation entreprises touchant 73 COBA, représentant près de 1200 ménages
    • 101 pépiniéristes formés pour 34 pépinières mises en place
    • Plans de reboisement établis sur tous les sites sauf à Andapa/Bealanana (en cours)
    • 899 ha de reboisement effectués
    • Des populations motivées : à Ivohibe, les pépiniéristes formés ont mis eux-mêmes en place des pépinières pour leur propre compte.
  •  / ©: WWF-MWIOPO/M.Lippuner

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  •  / ©: WWF-Canon/Olivier van Bogaert

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