Procès de l'Erika: le WWF dans la bataille | WWF

Procès de l'Erika: le WWF dans la bataille

Posted on 12 February 2007    

Après plus de six ans d’instruction, le groupe Total et 18 autres prévenus (affréteur, armateur, sociétés de classification...) doivent comparaître devant le tribunal de Paris, à partir de lundi et jusqu’en juin prochain, dans le cadre du procès de l’Erika.

Le WWF partie civile dans le plus grand procès d’écologie
Le WWF-France est partie civile et sera représenté par Maître Alexandre Faro. Il faut dire que les enjeux de ce procès ne manquent pas : déterminer les responsabilités du naufrage – y compris celle d’un des plus gros groupes pétroliers du monde, Total - chiffrer les dommages et mesurer le préjudice écologique.

« Nous espérons que ce procès va permettre d’identifier les responsables et de les faire condamner à des peines exemplaires. Je pense que le pollueur doit devenir le payeur et que la notion de préjudice écologique doit être reconnue par le droit français. Notre soif insatiable de pétrole est aussi la principale cause de marée
noire » explique Serge Orru Directeur général du WWF.

Dès lundi et tous les jours pendant la durée du procès, le WWF vous propose de suivre les audiences de l’Erika en retrouvant Maître Faro sur son blog :

http://www.affaire-erika.org/blog  ou en passant par notre site www.wwf.fr

Au-delà de l’Erika, lutter contre le dégazage sauvage
19 000 tonnes de fuel lourd dans la mer, 400 kilomètres de littoral pollué, 77 000 oiseaux mazoutés et un coût écologique estimé à 400 millions d’Euros…Le bilan de l’Erika est traumatisant, mais il ne faut pas oublier les marées invisibles qui polluent chaque année la Méditerranée. 700 000 à 1 million de tonnes de rejets d’hydrocarbures illégaux sont déversées dans la plus grande indifférence ou presque. En Méditerranée, la pollution est chronique et les enjeux sont permanents. Hélas, on constate que seules les catastrophes font bouger la réglementation. Pourtant, les causes et les solutions sont les mêmes qu’il s’agisse de pollutions chroniques ou accidentelles.

« Pour que les pratiques changent, les dégazages sauvages doivent coûter vraiment chers aux armateurs, affréteurs et capitaines. Il faut également mettre en place les conditions pour qu’il soit plus intéressant pour eux de faire traiter leurs résidus de pétrole au port plutôt que de prendre le risque de les rejeter en mer. C’est-à-dire : renforcer les moyens de surveillance, en particulier satellitaires, alourdir encore les condamnations et surtout, équiper les ports de façon à éviter les pertes de temps pour les navires et garantir un traitement efficace des résidus en aval. » indique Denis Ody, responsable du programme Océan et Cote du WWF-France.

La Grande Bleue représente seulement 1% des mers et des océans du monde, mais compte près d’un tiers du trafic mondial des pétroliers. Compte tenu de la fragilité de ses écosystèmes et de la densité de son trafic maritime, le WWF concentre ses moyens pour lutter contre la pollution en Méditerranée. C’est pourquoi, en marge de sa plainte dans le procès de l’Erika, le WWF va engager pendant deux ans un programme de lutte contre les dégazages sauvages.

« Il n’y a pas de fatalité aux dégazages sauvages ou à la tragédie des marées noires.» conclut Serge Orru, du WWF-France

Contact presse:
Agnès Poiret, WWF-France,
Tel: +33 1 55 25 84 61
E-mail: apoiret@wwf.fr

Notes:
Les marées noires les plus importantes
*
• Prestige/ 2002/ Cap du Finisterre/ bateau battant pavillon des Bahamas/ Pétrole transporté 77 000 T
• Erika/1999/Golfe de Gascogne-France/ bateau battant pavillon de Malte/pétrole transporté 31 000 T et 20 000 T déversées
• Haven/1991/Gênes Italie/bateau battant pavillon de Chypre/ Pétrole transporté 144 000 T et 133 000 T déversées
• Exxon Valdez/1989/Détroit de Prince William – Alaska USA/ bateau battant pavillon des USA/Pétrole transporté 180 000 T et 40 000 T déversées.
• Atlantic Empress /1979/Tobago/bateau battant pavillon de Grèce/ Pétrole transporté et 276 000 T déversées.
• Amoco Cadiz./1978/Bretagne Portsall/bateau battant pavillon du Libéria/ Pétrole transporté et 227 000 T déversées
• Torrey Canyon/1967/Iles Scilly – GB/ bateau battant pavillon du Libéria/pétrole transporté et 120 000 T déversées.

* Source : Dictionnaires des risques, 2003, Armand Colin

Quelques chiffres et références
• 330 000 tonnes de fioul, soit l’équivalent 1.5 « Amoco Cadiz », circulent chaque jour dans le rail d’Ouessant
• 700 000 T à 1 Million de Tonnes de fuel dégazées illégalement en Méditerranée chaque année, c’est l’équivalent de « 50 Erika, 20 Prestige, 4 Amoco Cadiz et demi »
• Rapport WWF « Dégazage en Méditerranée » sur www.wwf.fr / mission : Océans et côtes