Arbres à croissance rapide: plantations contestables, selon quatre organisations environnementales | WWF

Arbres à croissance rapide: plantations contestables, selon quatre organisations environnementales

Posted on 26 May 2003    
Genève, Suisse - Une nouvelle étude publiée aujourd'hui dans le cadre du Forum des Nations Unies sur les forêts corrige certaines idées bien établies sur les plantations d'arbres. Le rapport prévient notamment que l'expansion de plantations industrielles d'essences à croissance rapide, souvent largement subventionnées, n'est pas nécessairement la panacée pour freiner la déforestation ou générer des emplois. Le rapport Fast Wood Forestry - Myths and Realities (disponible en anglais seulement), publié conjointement par le WWF, CIFOR (Centre pour la recherche forestière internationale), l'UICN (Union mondiale pour la nature) et Forest Trends, vise à faire la part des choses entre mythes et réalité. Entre autres, il conteste la théorie selon laquelle les plantations d'essences à croissance rapide, en tant que source de bois et de cellulose pour un monde de plus en plus gourmand en papier et autres produits ligneux, permettent de réduire l'exploitation des forêts naturelles. L'étude insiste également sur le fait que, le plus souvent encouragées par des subventions importantes, ces plantations industrielles peuvent créer des distorsions économiques, comme par exemple rendre attractives des plantations sur des terrains où une autre activité serait plus sensée, tant du point de vue économique qu'écologique. En revanche, les auteurs du rapport indiquent aussi que, même si dans certains pays elles sont établies au détriment de la forêt naturelle, les plantations d'essences à croissance rapide peuvent contribuer à restaurer la diversité biologique, particulièrement dans des zones déjà dégradées. "Les informations collectées pour ce document montrent à l'envi que le fait de subventionner les plantations industrielles d'arbres à croissance rapide n'est une bonne solution ni pour l'économie, ni pour l'environnement," souligne le Dr Chris Elliott, directeur au WWF du programme "Des forêts pour la vie". "Nous appelons donc les gouvernements à drastiquement réduire, voire supprimer, leur soutien financier à ce type d'activité." Selon l'étude, les plantations industrielles d'essences à croissance rapide n'apportent pas non plus toujours les bénéfices sociaux - surtout en terme d'emploi - vantés par le secteur. Dans de nombreux pays en voie de développement, ces plantations ont en fait été à l'origine de sérieux conflits avec les populations locales, notamment là où elles ont enlevé à ces dernières les terres qui les font vivre. Le nouveau rapport évalue à 100'000 kilomètres carrés la superficie mondiale des plantations d'arbres à croissance rapide (deux fois et demie celle de la Suisse) et note que cette surface croît de 8'000 à 12'000 kilomètres carrés par année, pour satisfaire une consommation mondiale de papier qui devrait augmenter de 80 pour cent en 2010 par rapport à ce qu'elle était en 1990. Selon les auteurs de l'étude, les principaux pays concernés sont le Brésil, l'Indonésie, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie, le Vénézuela et le Swaziland, dans les régions tropicales et subtropicales, ainsi que la Chine, le Chili, le Portugal, l'Espagne, l'Argentine, l'Uruguay, l'Afrique du Sud et l'Australie dans les zones tempérées. "Il est prévu que les plantations d'essences à croissance rapide deviennent au cours des prochaines décennies la principale source de papier dans le monde," explique David Kaimowitz, directeur de CIFOR. "Aussi, les gouvernements doivent prendre dès aujourd'hui les mesures qui permettront que ces plantations soient bénéfiques sur le double plan social et environnemental." CIFOR, Forest Trends, l'UICN et le WWF plaident pour la fin de la conversion des forêts naturelles au profit des plantations, l'élimination progressive des subventions aux plantations industrielles, et la garantie que si des plantations doivent être créées, elles le soient dans le respect des équilibres naturels et sociaux. Pour toute information complémentaire en français: Dr Chris Elliott Directeur au WWF du Programme "Des forêts pour la vie" tél.: +41 22 364 90 03 ou +41 79 375 16 91 (port.)