Les accords de pêche de l'UE avec les pays en voie de développement sont contestables, selon le WWF | WWF

Les accords de pêche de l'UE avec les pays en voie de développement sont contestables, selon le WWF

Posted on 08 October 2002    
Bruxelles, Belgique - Une vidéo et un document d'information du WWF centrés sur l'exemple de l'Angola et publiés aujourd'hui à Bruxelles illustrent l'aspect controversable de la politique de l'Union européenne (UE) qui consiste à acheter des droits de pêche aux pays en voie de développement. Selon l'organisation de protection de la nature et de l'environnement, cela permet aux flottes de pêches européennes, largement subventionnées, d'opérer avec le maximum de bénéfice dans les eaux territoriales d'autres pays, les stocks de poissons de l'Europe étant en grande partie déjà épuisés. L'Angola doit faire face à un grave manque de ressources alimentaires, et l'UE lui fournit une aide d'urgence. Mais en même temps, elle vient de signer un accord qui lui permet de pêcher dans les eaux angolaises pour alimenter les marchés européens. L'UE a d'ailleurs de tels accords de pêche avec 14 autres pays en voie de développement, en Afrique et dans l'Océan Indien. Le film vidéo du WWF et l'étude qui lui est associée met en évidence, à partir du cas de l'Angola, les nombreux problèmes liés à ces arrangements: épuisement des stocks de poisson dont dépendent la plupart des communautés côtières africaines, absence de quotas, non-respect des réglementations, doutes sur l'équité du prix payé pour le poisson pêché, contradictions entre la politique de la pêche de l'UE et celle sur le développement. "Avec une industrie de la pêche en déliquescence, l'Angola résume bien la situation", estime Joanna Benn, productrice au Centre TV du WWF International. "Ce pays a certainement besoin des devises émanant des droits de pêche vendus à l'Union européenne, mais il n'est en revanche pas certain que les eaux territoriales angolaises pourront durablement supporter les prises qu'un tel accord implique. Si les consommateurs européens avaient une meilleure idée des conditions dans lesquelles le poisson qu'ils achètent a été pêché, ils seraient peut-être plus sélectifs dans leurs choix". Environ 35 pour cent des 15,5 millions d'Euros payés par l'UE à l'Angola pour les droits de pêche ont été alloués au développement des petites pêcheries locales et d'autres projets touchant à la pêche. Mais, selon le WWF, la destination finale de cet argent reste en fait extrêmement vague. L'organisation de protection de la nature et de l'environnement déplore par ailleurs que l'accord de pêche entre l'UE et l'Angola n'ait fixé aucune limite pour les prises de poisson, à l'exception des crevettes. "Le premier souci de l'Union européenne devrait être de garantir la durabilité des stocks de poisson et d'aider les nations africaines à utiliser leurs ressources marines d'une manière qui assure leurs revenus et leur approvisionnement alimentaire. Ainsi seulement, un tel accord de pêche serait bénéfique aux deux partenaires", explique Julie Cator, coordinatrice de la politique européenne du WWF en matière de pêche. "Imaginez que, moyennant un simple forfait, vous puissiez entrer dans un supermarché et remplir votre chariot sans restriction. C'est exactement ce que l'UE fait avec l'Angola, déjà en proie à la famine." La Commission européenne annoncera, cette année encore, des propositions visant à améliorer les accords de pêche conclus avec les autres pays. Pour toute information complémentaire: Julian Scola, Campagne du WWF sur la pêche en Europe, tél.: +32 2 743 88 06 Olivier van Bogaert, WWF International, tel.: +41 22 364 9554 NOTES:
  • Les pays en voie de développement avec lesquels l'Union européenne a conclu des accords de pêche sont l'Angola, les Iles du Cap-Vert, les Comores, la Côte d'Ivoire, la Guinée équatoriale, le Gabon, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, Madagascar, la Mauritanie, l'Ile Maurice, São Tomé et Príncipe, le Sénégal et les Seychelles.