Le sucre de l’UE pas si doux pour les pays pauvres et l’environnement | WWF

Le sucre de l’UE pas si doux pour les pays pauvres et l’environnement

Posted on 22 June 2005    
The EU has turned a blind eye to the needs of some of the world's poorest people.
© WWF / John E. Newby
Bruxelles, Belgique – La Commission européenne a manqué une occasion en or d'aider certains des pays les plus pauvres au monde à s’extraire de la pauvreté, affirme le WWF à l’annonce de la proposition de la Commission européenne pour la réforme du régime du sucre de l’UE. 
 
Dans sa proposition, la Commission a fait le strict minimum pour se conformer au dernier arrêt de l'Organisation Mondiale du Commerce établissant que l'UE a produit trop de sucre et a écoulé illégalement l'excès sur les marchés mondiaux. Selon la proposition, toute une série de mesures de soutien aux producteurs de sucre de l’UE resteront toujours plus que généreuses. La proposition prévoit en fait la création de plus d’un million de tonnes de quotes-parts d'édulcorant et des subventions pour le stockage du sucre. Le sucre produit pour certaines industries, notamment pharmaceutique, sera exempté des quotes-parts et les producteurs touchés par la réforme recevront des compensations. 
  
Mais si l'UE s'est occupée des intérêts de sa propre industrie, elle a fermé les yeux sur les besoins de certains pays les plus pauvres au monde. Pendant des décennies, les producteurs de sucre du reste du monde ont été appauvris par les subventions de l’UE et tenus à l’écart du marché européen. Ceci ne leur a pas permis d’investir dans la réductiond de l’impact environnemental de la culture du sucre, en utilisant entre autres des systèmes d'irrigation efficaces et des techniques réduisant l'érosion et la pollution du sol. 
  
«Le sucre est de loin la culture la plus importante pour la réduction de la pauvrété ainsi que pour l'environnement dans les pays en développement", déclare Elizabeth Guttenstein, responsable de l’agriculture européenne au WWF. "Le WWF demande à l’Union européenne de venir en aide aux pays en développement pour qu’ils puissent sortir de la pauvreté. Le WWF demande aussi que l’UE les aide à développer leur industrie du sucre tout en respectant l’environnement." 
 
Dans la réforme proposée, l'UE dépensera encore 30 millions d’euros pour écouler son sucre sur les marchés mondiaux et les restrictions à l'importation du sucre provenant des pays en développement, quant à elles, resteront en place jusqu'en 2009. Les pays en développement qui ont actuellement un accès préférentiel aux marchés de l’UE (Afrique, Caraïbes et Pacifique) se sont vus offrir seulement 40 millions d’euros par an pour s’adapter aux réformes, ceci comparé aux 1.5 milliards d’euros de compensations accordés aux producteurs européens. Les pays les moins développés, pour qui le sucre représente une des seules occasions d’engranger des revenus, ne recevront rien. Le WWF réclame un minimum de 500 millions d’euros par an pour que ces pays, ainsi que les pays ACP, puissent s’adapter au nouveau régime. 
  
"L'UE répète constamment son engagement au développement durable, mais cette proposition prouve qu’elle est passée à côté d’une excellente occasion de créer un monde plus juste et durable", ajoute Elizabeth Guttenstein. "Ces réformes représentent une bonne affaire pour l'Europe, mais une très mauvaise affaire pour les pays pauvres et l'environnement." 
 
 
Pour plus d’informations:

 
Catherine Brett, Agriculture and Rural Development Communications Officer, WWF European Policy Office, Tel +32 2 740 0936, E-mail cbrett@wwfepo.org
 
Elizabeth Guttenstein, Head of European Agriculture and Rural Development, WWF European Policy Office, Tel +32 2 740 0924, E-mail eguttenstein@wwfepo.org
The EU has turned a blind eye to the needs of some of the world's poorest people.
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Use of inefficient irrigation systems on sugar cane plantations leaves less water for wildlife and people.
© WWF / John E. Newby Enlarge