L'industrie et les ONG demandent l'interdiction du bois illégal en Europe | WWF

L'industrie et les ONG demandent l'interdiction du bois illégal en Europe

Posted on 07 April 2005    
Timber being transported on a truck from the forest to the paper and cellulose mill in Telemaco Borba, Brazil.
© WWF / Edward PARKER
Bruxelles, Belgique – Plusieurs sociétés européennes se sont jointes à FERN, Greenpeace et WWF afin d’exiger la mise en place d’une nouvelle législation européenne interdisant l’importation de bois illégale et ses produits dérivés.
 
Une déclaration soutenue par les trois ONG et signée par plus de 70 compagnies européennes a été présentée aujourd’hui au Parlement européen lors d’une conférence organisée par FERN, Greenpeace et WWF et portant sur l’exploitation illégale du bois, la gouvernance et le commerce.

Plusieurs compagnies, dont B&Q, Homebase et Habitat (UK), Castorama (France), IKEA et Skanska (Suède), Unital (Union des Entreprises italiennes de Meubles en Bois), JYSK Nordic (Danemark) et Puertas Luvipol (Espagne) réclament une législation européenne établissant des règles claires, favorisant la concurrence loyale et soutenant le commerce durable.
 
"L’importation bon marché de bois provenant de source illégale, de même que les pratiques peu scrupuleuses de certaines compagnies, déstabilisent les marchés internationaux, mettent l’emploi en péril et engendrent une concurrence déloyale," déclare André de Boer, Directeur de la Fédération Néerlandaise du Commerce du Bois.

"Sans une législation claire, les compagnies qui adoptent un comportement responsable et qui souhaitent investir dans des pratiques durables seront toujours pénalisées."
 
"L’UE est l’un des plus gros importateurs de bois illégal: elle doit faire face à ses responsabilités et mettre fin à ces activités," ajoute Beatrix Richards, Responsable des Forêts chez WWF.

"L’industrie du bois s’associe aux ONG et exige que l’UE prenne des mesures immédiates et mette en place une nouvelle législation qui interdise les importations de bois illégales et soutienne une gestion durable des forêts dans le monde entier."
 
L’exploitation illégale accélère la déforestation avec les conséquences dramatiques pour la biodiversité. Elle est en outre responsable de l’appauvrissement de millions de personnes, qui dépendent de la forêt pour leur subsistance, engendre des conflits sociaux et est souvent aux mains du crime organisé.
 
En mai 2003, la Commission europénne s’est attelée à ce problème en lançant un plan d’action pour l’Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT). Elle a également présenté au Conseil une proposition de partenariat volontaire avec certains pays producteurs. L’objectif est d’améliorer la gouvernance du secteur forestier et de mettre en place un système de traçabilité, de manière à ce que seul le bois certifié légal puisse être exporté vers l’UE.

Cette proposition pourrait, sous certaines conditions, avoir un effet positif, mais les ONG et une partie de l’industrie du bois considèrent qu’une approche volontaire est insuffisante pour régler le problème.
 
"Le secteur forestier est particulier en ce sens qu’il n’offre aucune garantie de légalité au consommateur," estiment les députés européens du groupe ALDE Fiona Hall et Chris Davies.

"En tant que parlementaires européens, nous comptons représenter l’intérêt public, et exiger de la Commission la publication d’un rapport sur les différentes options législatives permettant de combattre l’exploitation illégale des forêts et son commerce qu’elle était censée terminer pour le milieu de l’année 2004."
 
Par ailleurs, plusieurs ONG de protection de l’environnement ont souligné le fait qu’une exploitation forestière non durable peut avoir des effets tout aussi destructeurs qu’une exploitation illégale. L’UE devrait donc insister sur le fait que la lutte contre l’exploitation illégale n’est qu’une première étape dans la mise en place d’une gestion forestière durable. 

"La surface des forêts dans le monde fond actuellement comme neige au soleil, en raison de l’irresponsabilité d’un petit nombre de gens," déplore Sébastien Risso, conseiller politique européen forêt et commerce chez Greenpeace.

"L’UE doit assumer sa part de responsabilité et agir sans plus attendre pour faire en sorte que ce bien commun soit géré de manière durable, en partenariat avec les populations locales, et dans le cadre du développement durable et de la lutte contre la pauvreté."

Note pour les éditeurs:
Le rapport de l’industrie du bois fait suite à une déclaration semblable signée par quelques 180 organisations non gouvernementales et à une proposition législative rédigée en décembre 2004 à la demande de FERN, Greenpeace et WWF. Les déclarations issues des ONG et de l’industrie, de même que la proposition législative et les textes de la conférence d’aujourd’hui, peuvent être consultés sur http://www.panda.org/epo et http://wwwgreenpeace.org/illegal-logging-seminar.

• L’abattage clandestin du bois est souvent associé à la corruption et au crime organisé, et représente, selon les estimations de la Banque Mondiale, un manque à gagner de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros par an pour les états des pays en voie de développement. Ce chiffre est à mettre en relation avec le budget annuel d’assistance au développement de la Commission européenne, qui s’élève à environ 10 milliards d’euros. Dans un rapport publié le mois dernier, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture a souligné l’importance d’une meilleure gestion des forêts de la planète pour le maintien de la paix, notamment en Afrique.

• Le plan d’action FLEGT sera examiné par les ministres européens lors du Conseil de l’Agriculture du 30 mai. Dans une lettre envoyée à Greenpeace au nom de M. Barroso, Président de la Commission, la DG Commerce a déclaré son intention d’ "examiner des mesures législatives supplémentaires et d’en rendre compte auprès du Conseil avant les vacances d’été."

• Une critique du système de certificats et d’accords de partenariat proposés par le FLEGT, ainsi que des recommendations politiques, peuvent être consultés sur http://eu.greenpeace.org/issues/forests.html 
 

Pour plus d’informations:
Claudia Delpero, Press Officer,
WWF European Policy Office,
Tel: +32 2 740 0925,
Email: cdelpero@wwfepo.org

Lucia Appleby, Communications Manager,
FERN,
Tel: +44 7843 03550,
Email: lucia@fern.org
 
Katharine Mill, Media Officer,
Greenpeace European Unit,
Tel: +32 2 274 1903
Mobile: +32 496 156 229,
Email: Katharine.Mill@diala.greenpeace.org 
 

 

Timber being transported on a truck from the forest to the paper and cellulose mill in Telemaco Borba, Brazil.
© WWF / Edward PARKER Enlarge
Illegal logging for delivery to CALTEX. Tesso Nilo, Riau Province, Sumatra, Indonesia.
© WWF / Volker KESS Enlarge