Les grands opérateurs financiers soutiennent le principe de mise aux enchères des quotas CO2



Posted on 15 September 2008
La mise aux enchères des quotas d'émissions de CO2 contribue à envoyer un message clair aux investisseurs et aux actionnaires soucieux de préserver leurs futurs investissements dans un contexte de renforcement de la contrainte carbone. Tel est le message qui ressort de la table ronde organisée ce matin de Bruxelles par le WWF.

BOS Bank (Pologne), CA Chevreux (France), Climate Change Capital (Royaume-Uni) et Natixis E&I (France) étaient réunis ce matin en vidéo-conférence (1) pour évoquer la mise aux enchères des quotas d’’émission de CO2.

A l’issue de cette table ronde, ces quatre acteurs majeurs de la finance ont reconnu que la mise aux enchères de l'ensemble des quotas alloués dans le cadre du Système communautaire d'échanges de quotas d'émissions (SCEQE) – le marché d’émission le plus important sur la scène internationale – constituait l’outil le plus efficace d'intégration des coûts du réchauffement climatique, non seulement dans les bilans comptables des entreprises mais aussi dans leurs décisions d'investissement.

« La mise aux enchères des quotas d'émissions favorisera la répartition du coût carbone dans l'économie toute entière, et non aux seuls actionnaires des grandes compagnies productrices d'énergie », explique Adrien Assous, économiste en charge du dossier Changements climatiques chez Natixis E&I (2).

Le Paquet Energie Climat promu par l'Union européenne, actuellement en discussion, constitue de ce point de vue une avancée majeure puisqu'il indiquera clairement au monde des affaires l'orientation à suivre à l’avenir. Mais pour cela, il est nécessaire que les objectifs soient ambitieux.

Rupert Edwards, directeur général du département Finance carbone chez Climate Change Capital (3) rappelle à ce sujet les risques d’une zone cible trop timorée : « La crédibilité des décideurs européens en terme de lutte contre les changements climatiques est en jeu cet automne. Si l'Union européenne venait à adopter une position trop timide, le coup serait fatal pour le développement d’un secteur aussi intéressant que celui de la finance carbone, et cela compromettrait du coup fortement le potentiel d'innovation technologique et de création d'emplois à long terme. Même si l'économie faiblement émettrice de carbone est en vue, les investisseurs privés ont besoin pour anticiper qu'on leur envoie des signaux réglementaires forts avec un horizon à long terme. »

« Les discussions menées par le WWF avec le secteur de la finance montrent que la résolution des problèmes posés par les changements climatiques peut s’avérer très intéressante en termes économiques » affirme Keith Allott, responsable du programme Changements climatiques au WWF-UK.

Pour Keith Allott, l'Union européenne devrait garder à l’esprit certains principes économiques fondamentaux.

« Cela fait des années que les marchés de capitaux et les places boursières recourent à la mise aux enchères parce qu'elle constitue le mode d'allocation le plus approprié et le moins distorsif sur le plan économique » rappelle M. Allott. « Le système de mise aux enchères favorise la transparence de ces activités et empêche la conclusion d'accords secrets entre les opérateurs du marché. C’est bon pour le climat mais également pour les clients et les actionnaires des entreprises européennes ».

L’enjeu n’est rien d’autre que de faire de l’Europe, la première économie décarbonée dans le monde. Pour cela, les décideurs économiques doivent être en mesure d’’orienter les investissements à long terme grâce à des indicateurs clairs et ambitieux. Plus que jamais, l’Europe a besoin d’un Paquet Energie Climat et d’un cadre réglementaire à la hauteur de cette ambition.

Notes:
1/ Afin de réduire l’empreinte carbone de l’évènement, la table ronde a été organisée par le WWF grâce à un procédé de vidéo-conférence haute définition de Hewlett Packard, membre du programme Climate Savers du WWF.
2/ Natixis E&I, filiale de la banque d'investissement Natixis, se consacre à la gestion d'actifs alternatifs. La firme assure la gestion du Fonds carbone européen ainsi que du Fonds européen Kyoto récemment mis en place, mais également d'autres fonds spécialisés dans l'investissement dans les projets d'infrastructures et d'énergies renouvelables.
3/ Climate Change Capital figure parmi les principaux groupes bancaires d'investissement tout en possédant par ailleurs une activité de gestionnaire de fonds centrée sur les opportunités d'investissement issues de l'économie faiblement émettrice de carbone. Cet organisme déploie des activités de conseil et investit dans les sociétés considérant la lutte contre le réchauffement climatique à la fois comme une nécessité et une source d'opportunités économiques. Egalement présent dans le domaine de la gestion d'investissements et du financement des réductions d'émissions, Climate Change Capital s'emploie à créer un environnement planétaire plus propre tout en proposant des retours financiers attractifs.

Pour plus d’informations:
Pierre CHASSERAY, Responsable Relations Presse WWF-France
Tél : +33 155 25 84 61
Portable: +33 6 87 92 32 68
E-mail: pch@wwf.fr

Claudia Delpero, Communications Manager at WWF European Policy Office
Tél. +32 2 740 09 25
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The Kyoto Protocol is the world's only international agreement to reduce CO2 emissions, the main greenhouse gas responsible for climate change and global warming.
© WWF-Canon / Tanya Petersen Enlarge