L’aide des gouvernements se fait attendre malgré l’aggravation de la crise de l’eau | WWF

L’aide des gouvernements se fait attendre malgré l’aggravation de la crise de l’eau

Posted on 19 April 2004    
Des femmes puisant de l'eau, Inde
© WWF / Martin Harvey
New York, États-Unis - D’après un rapport des principales ONG internationales, les gouvernements mondiaux manquent à leurs engagements sur l’objectif des Nations Unies de réduire de moitié le pourcentage de la population n’ayant pas accès à l'eau potable et à des services sanitaires d’ici 2005.

Ce rapport est publié à l’occasion de la 12ème session de la Commission pour le développement durable à New York, première réunion organisée depuis que les pays ont promis de s’attaquer aux problèmes de la pauvreté liés à l’eau et à l’assainissement lors du Sommet mondial pour le développement durable en 2002, et à laquelle participent les ministres concernés.  
 
Le rapport comparatif établi par le WWF, CARE International, Green Cross International, Oxfam, Tearfund et WaterAid accuse à la fois les pays riches et les pays pauvres de ne pas avoir pris au sérieux la crise mondiale de l’eau.

Ce rapport montre que la plupart des 22 pays de l’OCDE étudiés n’ont pas augmenté le montant de l’aide pour l’eau et l’assainissement entre 1998 et 2002 et que, globalement, l’aide consacrée à l’eau est en baisse.

Des pays comme les États-Unis, le Japon et les États membres de l’Union européenne sont loin de respecter leurs engagements quant aux objectifs des Nations Unies sur l’eau.

Aux États-Unis par exemple, seulement 4 % de l’aide au développement sont destinés à l’eau et uniquement 8 % de cette aide sont alloués aux 30 pays les plus nécessiteux. 
 
Selon ce même rapport, seulement 38 % de l’aide bilatérale de l’OCDE pour l’eau sont envoyés à ces 30 pays, comprenant certains des pays les plus pauvres du monde et regroupant la plupart du 1,1 milliard de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable salubre.

En outre, les pays de l’OCDE ont tendance à distribuer les aides en fonction de leurs intérêts nationaux.

Les États-Unis par exemple accordent une grande partie de leur aide pour l’eau à l’Égypte, la Jordanie, et aux territoires administrés par l’Autorité palestinienne alors que moins de 8 millions de dollars sont versés à l’Afrique subsaharienne. 
  
"Si le monde continue à ce rythme, des milliards de personnes resteront privées d’accès à l’eau salubre et aux services d’assainissement de base avec peu d’espoir d’échapper à la pauvreté," explique Ravi Narayanan de WaterAid. "Beaucoup continueront à tirer de l’eau pendant des heures et seront victimes de maladies liées aux ressources en eau polluées. Les pays doivent agir rapidement pour inverser cette tendance et prendre conscience que leur immobilisme sur les questions d’eau entrave les efforts pour réduire la pauvreté." 
  
Les pays riches ne sont pas les seuls responsables. Selon le rapport, la Tanzanie et l’Ouganda sont parmi les quelques pays qui considèrent l’eau comme l’une des priorités de leur stratégie de réduction de la pauvreté.

Pour l’Éthiopie, la Sierra Leone, le Kenya, l’Indonésie et la Guinée, l’eau n’est pas du tout une priorité tandis qu'un risque important de pénurie en eau d’ici 2025 guette l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine.  
  
"Les barrages et les canalisations ne suffiront pas pour résoudre le problème de la crise mondiale de l’eau," déclare Jamie Pittock du WWF, l’organisation mondiale de protection de la nature. "L’approvisionnement durable en eau des populations et de la nature commence avec un engagement sur la protection des zones humides et des rivières contre les effets nuisibles du développement." 
 
Les ONG appellent les ministres, lors de la réunion de New York, ainsi que les Nations Unies, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et leurs gouvernements membres à considérer l’eau et l’assainissement comme une priorité majeure des stratégies de réduction de la pauvreté.

Les ONG demandent également aux pays donateurs non seulement d’augmenter les aides destinées à l’eau, mais aussi de veiller à ce qu’elles aillent bien aux populations des pays les plus nécessiteux. 
 
Pour plus d’informations :
 
Jamie Pittock,
directeur du Programme Eaux Vivantes, WWF International, portable: +31 62 90 91 841 
 
Chris Williams (à New York),
expert en eau douce, WWF-Etats-Unis,
portable : +1 240 6051742 

Olivier van Bogaert,
chargé d'information, WWF International
tél. +41 22 364 9554 
 
  
 
 
  
 

 
  
 
 
  
 
 
  
 
Des femmes puisant de l'eau, Inde
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