Earth Overshoot Day : Nous sommes en déficit écologique



Posted on 20 August 2013  | 
Une mère de famille de Toliara, dans le Sud de Madagascar, reçoit un foyer économe
© Martina LippunerEnlarge
Ce 20 août 2013, est un jour accablant pour l’humanité : c’est l’Earth Overshoot Day, littéralement « le Jour du Dépassement Planétaire ». Cette date symbolique signifie concrètement, qu'entre le 1er janvier et le 20 août 2013, l'humanité a consommé toutes les ressources naturelles que la terre est capable de produire en un an. Nous sommes désormais en déficit écologique. En seulement huit mois, les habitants de la planète ont épuisé les ressources que celle-ci est capable de produire en un an et l'humanité a épuisé le budget « nature» de l'année.

La Terre a longtemps été capable de se régénérer et de compenser la consommation de l’Homme. Mais, depuis environ 30 ans, sa biocapacité a franchi un seuil critique : la consommation de l’Homme dépasse désormais ce que la nature peut lui fournir annuellement, en termes de recyclage du CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières. Chaque année, le jour du dépassement planétaire est calculé par l'ONG Global Footprint Network : ainsi, en 2012, le jour du dépassement était le 22 aout.


L'humanité vit au-dessus de ses moyens


A partir du 20 août et jusqu'à la fin de l'année 2013, la population mondiale va répondre à ses besoins en épuisant les stocks des ressources naturelles et en accumulant des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. L’on sait aujourd’hui qu’il faudrait 1,5 Terre pour répondre aux besoins d'une population humaine toujours croissante. Si l’humanité soutient son rythme de croissance, nous aurons besoin, bien avant la moitié de ce siècle, de deux planètes.


Aujourd’hui, plus de 80 % de la population mondiale vit au sein de pays qui utilisent plus de ressources que ne leur permettent les écosystèmes de leur territoire national. Il faudrait, par exemple, 7,1 Japon pour répondre aux besoins des Japonais. Les Italiens consomment quant à eux l’équivalent de 4 Italies, les Egyptiens 2,4 Egypte et les Français, 1,6 France. Madagascar ne fait pas partie des grands « débiteurs écologiques », mais la situation des ressources naturelles malgaches est critique, notamment à cause de l’approvisionnement massif en charbon et bois de chauffe, qui décime nos forêts.


Il est possible d’inverser la tendance


Nous ne pouvons plus continuer à creuser cette dette écologique. De nombreuses solutions sont disponibles et permettent de s’attaquer au problème : nouvelles technologies, aménagement urbain, constructions écologiques, réforme fiscale écologique, etc.


A Madagascar particulièrement, et face à la déforestation, WWF soutient fortement le reboisement à vocation énergétique et la reconversion des ménages vers l’usage des foyers économes. En effet, le charbon et le bois de chauffe restent aujourd’hui la principale source d’énergie utilisée dans la Grande Ile : cet approvisionnement représente chaque année une perte de 0,5% de notre couverture forestière. Si ce rythme d’approvisionnement est maintenu en l’état, l’offre en bois de charbon ne suffira plus à satisfaire la demande dans plusieurs régions de Madagascar dès 2030. L'usage des foyers économes, connus sous l’appellation « Fatana Mitsitsy », permet aussi de réduire de 60% la consommation de charbon.

Enfin, WWF encourage la transition malgache vers les énergies renouvelables, en particulier à travers la vulgarisation de l’énergie solaire. Dans sa Vision Energie 2050, WWF mise sur l’usage exclusif des énergies propres et renouvelables d’ici 2050.

Découvrir : Earth Overshoot Day et méthode de calcul http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/page/earth_overshoot_day-

Calculer son empreinte écologique :http://www.wwf.fr/s-informer/calculer-votre-empreinte-ecologique-

Rapport Planète Vivante 2012 (WWF collabore avec le GFN pour la production de ce rapport dont la prochaine édition sera publiée en 2014) :http://www.wwf.fr/s-informer/actualites/rapport-planete-vivante-2012-du-wwf


Une mère de famille de Toliara, dans le Sud de Madagascar, reçoit un foyer économe
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