La vanille – moteur et frein pour Ankiakabe | WWF

La vanille – moteur et frein pour Ankiakabe

Posted on
08 April 2015
Il est 6 :30 heures du matin, presque tout le village s’est déjà réveillé. Quelqu’un frappe à notre porte. «Hodio?» (Est-ce qu’il y a quelqu’ un?) C’est Soanirina, la femme de la famille qui nous héberge, trois volontaires : Santatra, Anthonio et moi. Il est l’heure de partir à Anjialavabe où se trouvent les plantages de vanille de sa famille. Aujourd’hui nous allons apprendre comment faire la polonisation de la vanille.

Comme d’habitude tout le monde nous salue sûr le chemin à Anjialavabe. La marche n’est pas longue. Nous passons devant les plantages de café, vanille, banane et évidement les rizières. Quelques caméléons et serpents traversent la route et nous profitons de l’air frais du matin. Après 30 minutes nous arrivons à Anjialavabe.
Soanirina nous explique qu’il faut attendre un peu jusqu’ à ce qu’il fasse assez chaud pour que les fleurs de la vanille s’ouvrent. Alors, nous faisons la connaissance avec la famille de Soanirina. Parce que les malgaches sont un peuple très hospitalier ils nous invitent à prendre un verre du lait de Soja avec de la brioche et du Fanta (le premier soda depuis quelques semaines).

En fin il fait assez chaud pour commencer la polonisation. Nous partons ensemble, traversons un fleuve, marchons pendant quelques minutes et arrivons aux plantages. Soanirina m’explique que la vanille est une plante très sensible. Elle nécessite de la lumière mais pas trop de chaleur. En même temps la fleur a besoin de chaleur pour qu’elle s’ouvre. Une fois planté il faut attendre 2-3 ans jusqu’elles produisent la précieuse gousse. Dépendant de la qualité du sol Soanirina peut récolter pendant 6 à 9 ans. Elle me montre trois fois comment se fait la polonisation et après c’est à moi d’essayer. Avec une épine j’ouvris le corps de la fleur et cherche le pollen. Je lève la partie de dessous sous le pollen et pousse avec mon doigt. Après quelques minutes la fleur se ferme. Soanirina, qui a contrôlé tous ce que j’ai fait a l’air contente et m’explique que la fleur va sécher et après 4-6 moins la gousse va être assez grande pour la récolte. Au moment de la récolte elle chauffe de l’eau à 45°C et baigne les gousses pendant 3-4 minutes dans de l’eau chaude. Elles deviennent noir et sont prêtes pour être sécher. Ça dure encore 4 moins et ensuite la vanille est prête pour la vente. Un kilo de vanille rapporte à Soanina environ 100.000 Ariary (ca. 33€). C’est beaucoup ! Un kilo de café coût 2.300 Ariary.

Et ça c’est aussi la raison pour laquelle presque tous les paysans plantent que la vanille. Les aliments quotidiens sont négligés. Le résultat est qu’il y a presque rien à acheter au marché. Le WWF sensibilise les gens, pour qu’ils comprennent qu’ils peuvent aussi gagner de l’argent avec la plantation d’haricots, qui en revanche fertilisent le sol, propice à la riziculture. Dans les cours théorétiques et pratiques nous, les agents du WWF et les volontaires, donnons un esprit écologique aux paysans en leur montrant des alternatives à la brulure des forêts. Jusqu’aujourd’hui brûler les champs semblait être la façon plus facile de cultiver. Mais le résultat est surtout que Madagascar détruit sa forêt. Les animaux et les plantes sont mis en danger et tout le sol fertile est emporté dans la mer par la pluie. Travailler avec les paysans pour développer une méthode d’agriculture durable améliore la condition de la vie au Nord du Madagascar.

Pour un développement durable les gens ont aussi besoin de conserver leurs ressources. « Il n’y a pas le développement sans conservation ! Mais il y a aussi pas la conservation sans développement » comme Christophe, agent du WWF et responsable pour la conservation, résume. Pour conserver la forêt le WWF enseigne aux villageoises la technique de la pépinière et donne des objectives à atteindre. Le village Ankiakabe veut reboiser 7 hectare jusqu’à 2025. En ce moment ils sont encore dans la phase de grandir les graines d’Eucalyptus ou Acacia. Pour cette année il faut planter 7000 graines. Pour obtenir cet objectif tout le village doit aider. Et nous, les volontaires, ont pris soins d’éduquer les future paysans comment faire la pépinière. Finalement les enfants du village ont aidés tous le matin à fourrer la terre dans les sacs plastiques qui sont prévus pour les graines d’Acacia. Aussi Soanirina est venue. Elle me dit que les fleurs de vanille que j’ai polonisée vont très bien. « Mais maintenant » , elle dit « il faut aider avec la rebouchage. » Elle est très motivée d’atteindre leur objectif de 7000 plantes et l’optimisme se trouve aussi sur son T-Shirt, qui dit « Tiako i Madagasikara » (J’aime Madagascar)

Faire le travail de développement et de conservation est dure. Il y a beaucoup d’ obstacles à surmonter : trouver la balance entre développement et conservation, donner un esprit écologique et la formation technique même quand le niveau scolaire est peu élevé, apaiser les angoisses des gens de changer leurs habitudes sans perdre leurs traditions, rester optimiste malgré les obstacles, etc. Il est d’une valeur inestimable d’apprendre tous cela par sa propre expérience. Les agents du WWF sont très optimistes et ils nous ont beaucoup encouragé pendant notre séjour dans la brousse. Cet encouragement et toutes les expériences positives et uniques que j’ai faites m’ont donnés beaucoup de confiance en moi.
 
WWF/Laura Angelstorf
© WWF/Laura Angelstorf